Les guerres low cost

Les guerres low-costHier, la guerre était une activité de luxe et risquée. Rien n’a changé ou presque. Ce « presque » est ce qui a été nommé « les guerres low-cost ». Outre l’affrontement de volonté, la guerre est aussi un transfert de richesses et une extraordinaire destruction de ressources. Il devient aisé de comprendre que des stratégies et des tactiques low-cost puissent être mises en œuvre pour dépenser moins et gagner plus.

Les organisations non étatiques, par la force des évènements et des ressources, se sont adaptées selon cette logique. Et si progressivement le politique ne pouvait plus se permettre de sacrifier des hommes pour des opérations militaires qui ne sont plus systématiquement soutenues par la population ?

La technologie réellement maîtrisée et suffisante pourrait permettre de baisser les coûts dans de nombreux domaines, en réservant les hautes technologies aux domaines permettant d’avoir une supériorité presque certaine, au moins pendant quelques années. Le coût de la guerre est soumis au filtre médiatique, à l’effet potentiellement très amplificateur.

L’émergence de la guerre au sein des populations s’avère à la fois un des « symptômes » du déclin provisoire du concept d’État, au plan international, et de la limitation des moyens financiers et humains nécessaires pour mener une guerre industrielle de grande ampleur. L’adaptation demeure une alternative au déclin relatif ou absolu de forces armées ne disposant plus des moyens de mener une guerre industrielle coûteuse dans la durée. Au-delà de pistes de réflexions, ce recueil explorant l’idée de low-cost appliqué à la défense pose l’équation particulièrement difficile à résoudre : « Comment conserver l’essentiel, sans négliger la préparation de l’avenir ? ».

Gammes de la guerre et valeur militaire – Olivier Kempf

La guerre contemporaine a suscité de nombreuses analyses : guerre asymétrique, guerre irrégulière, COIN. À chaque fois, le discours est resté dans une perspective strictement stratégique. Cet article se propose d’utiliser des outils d’analyse économique (gammes, facteurs de production, producteur et client, image de marque, maîtrise des coûts) pour reconsidérer ces conditions contemporaines de la guerre. On comprend alors que la notion de haut de gamme (la guerre occidentale) serait concurrencée par une guerre qui n’est pas simplement « bas de gamme », mais low cost : si elle utilise différemment le facteur travail, elle utiliserait des technologies avancées.

Surtout, le produit est plus complexe que la simple combinaison du travail (les soldats) et du capital (la technologie). En effet, l’unité de valeur n’est pas seulement financière : si on paye en dollars ou en euros, on paye aussi en blessés et en morts, mais aussi en perception, chose essentielle en ces temps de communication mondialisée.

La guerre des coûts – Guillaume Grandvent

Les guerres contemporaines sont de plus en plus conditionnées par la gestion des coûts qu’elles engendrent, qu’ils soient d’ordre humain, matériel, financier ou informationnel. Ces coûts sont liés par de nombreuses interactions qui rendent leur maîtrise plus difficile, comme l’illustrent plusieurs exemples tirés des conflits en cours. Les opérations militaires se voient imposer un impératif de cohérence, afin d’atteindre un relatif équilibre des coûts et tenter de le maintenir.

La maîtrise du coût médiatique de la guerre dans un contexte asymétrique – Jean Pujol

Le coût de la guerre est principalement perçu par l’opinion publique occidentale au travers du prisme déformant médiatique, marqué par la course à l’image et la montée en puissance du Web social. Il expose la population à un véritable « bombardement informationnel » et est également devenu un champ de bataille entre forces conventionnelles et insurgés, où l’asymétrie joue à plein. L’obsession communicationnelle recèle cependant des menaces à ne pas sous-estimer.

Vers la privatisation de la Défense – Romain Mielcarek

Hier, ils étaient mercenaires. Aujourd’hui ils sont contractants. Le recours au privé a remporté un franc succès aux États-Unis où des entreprises civiles s’attaquent à des marchés militaires toujours plus variés : logistique, sécurité, gardiennage, renseignement, entretien ou formation.

En France, on hésite encore, mais l’évolution passe pour indispensable et pas toujours sans conséquences.

Les Réserves : un moyen d’atteindre des armées low-cost ? – Victor Fèvre

Cet article montre que les réserves sont un moyen efficace – et efficient – d’optimiser l’effort de défense d’une nation à moindre coût, si l’on veut éviter d’augmenter trop le nombre de militaires d’active. Les réservistes sont en quelque sorte une armée low-cost, employés lors de pics de charge ou pour des spécialités, mais le risque de leur gestion est de vouloir trop économiser et donc de perdre leur plus-value, pas toujours quantifiable : rayonnement et recrutement.

Subir ou ne pas subir, telle est la question… – Florent Robert de Saint Victor

Alors que la guerre demeure une activité humaine couteuse, la recherché de modèles permettant de réaliser des économies devient l’obsession des armées occidentales. Le possible fatalisme causé par un accroissement constant des dépenses et le succès d’adversaires menant des guerres low-cost oblige à s’interroger sur la manière de penser ces opérations en termes économiques.

La guerre de l’Homme et du Robot – Charles Bwele

Les drones aériens coûtent beaucoup moins chers que les avions de combat et sonnent peut-être la fin de l’aviation de chasse telle que nous la connaissions depuis la seconde guerre mondiale. Toutefois, leur usage croissant bouleverse une certaine conception de la guerre et soulève de multiples questions techniques, politiques et philosophiques.

Réduire le coût de la guerre : « nouvelles » alliances, « nouvelles » tactiques – Stéphane Dossé

La guerre au sein des populations est certainement un des « symptômes » d’un déclin temporaire mondial du concept d’État et de la guerre interétatique. Une évolution des organisations politiques et des ressources financières des États implique un changement dans la manière de faire la guerre. Personne ne peut vraiment savoir quel sera le visage de la guerre durant les prochaines décennies même si, dans les prochaines années, les menaces hybrides pourraient entraîner de nouveaux types d’opérations.

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