The Corporation (2003) – Mark Achbar & Jennifer Abbott

Il y a 150 ans, la société par action était une institution peu importante. Aujourd’hui, elle est omniprésente. Comme l’église, la monarchie et le parti communiste en leur temps, la société est l’institution prédominante. Ce documentaire étudie la nature, l’évolution, l’impact et le probable avenir de la société moderne. Dotée d’un mandat légal limité, qu’est-ce qui lui a permis d’obtenir un pouvoir et une si grande influence sur notre vie ? L’enquête commence alors que les scandales ouvrent le débat sur l’absence de contrôle sur les grandes sociétés.

Ce documentaire montre l’évolution des « Sociétés Anonymes » (appelées Corporations en anglais) aux USA, reprenant leur histoire depuis leur apparition avec la Révolution Industrielle, où elles étaient conçues pour répondre au bien public mais furent détournées de cet objectif par la recherche du profit.

Le film commence par aborder le problème de la personnalité morale de la firme, sa responsabilité limitée, ses tendances « pathologiques », et l’injustice sociale qui en résulte avec le cas de la confection au Honduras. Les désastres écologiques et sanitaires qu’elle provoque sont l’occasion d’évoquer la sinistre firme Monsanto. Ses sympathies « naturelles » avec les régimes policiers et autoritaires transparaissent avec l’évocation du destin de Ken Saro-Wiwa pendu au Niger avec 8 camarades pour s’être opposé pacifiquement aux destructions écologiques perpétrées par la société Shell ou avec la dénonciation du soutien d’UNOCAL à la junte birmane.

La propension de la firme à détruire le bien commun depuis le mouvement des enclosures, à l’origine de notre modernité, jusqu’aux actuelles destructions planifiées des services publics, la tyrannie des marques, le contrôle des médias, l’abrutissement publicitaire, la brevetabilité du vivant dans le cadre de l’affaire Chakrabarty, les liens historiques avec les dictatures fascistes par la contribution d’IBM à la gestion de la Solution Finale sont ensuite exposés.

Mais le film rend également compte de la résistance populaire qui s’organise, avec l’exemple de la victoire de Cochabamba acquise de haute lutte par le peuple Bolivien sur la société Aguas de Tunari et Bechtel son actionnaire majoritaire, qui durent renoncer à la privatisation de l’eau, l’exemple de la remise en cause par l’Inde du brevet sur le Neem déposé par la société Grace, ou encore l’exemple du volte-face de la firme Wall-mart face au témoignage de la jeune hondurienne Wendy Diaz.

« De même que le requin est une machine à tuer, la Corporation est une machine à faire de l’argent ».

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