Des moustiques génétiquement modifiés pour contrer la dengue

Les moustiques génétiquement modifiés (GM) – femelles – sont censés réduire la population sauvage en s’accouplant naturellement avec les mâles sauvages et en produisant des descendants stériles. Cette stratégie a été envisagée pour lutter contre plusieurs maladies tropicales, comme la malaria et la dengue, qui se transmettent par les piqûres de moustiques. Mais selon un document confidentiel, rendu public par l’ONG anglaise GeneWatch – qu’elle a pu obtenir grâce aux lois britanniques sur la liberté d’information – les moustiques génétiquement modifiés de l’entreprise britannique Oxitec ne sont pas aussi stériles que prévu… En effet, en présence d’un antibiotique très répandu, la tétracycline, leurs progénitures ont un taux de survie de 15% environ et leur descendance sont capables d’atteindre l’âge adulte. La tétracycline est très largement utilisée et présente dans les eaux usées et dans la viande issue d’élevage industriel. Or, les moustiques qui transmettent la dengue se reproduisent dans des environnements largement pollués par les eaux usées… Toutes les conditions sont donc réunies pour qu’une partie de la descendance de ce moustique GM soit fertile.

Mais, l’étude citée par GeneWatch mentionne aussi que les moustiques GM peuvent survivre, même sans la présence de tétracycline, à hauteur de 3%, ce qui engendrerait une impossibilité totale de contrôle de ces lâchers de plusieurs milliers de moustiques GM.

Helen Wallace, directrice de GeneWatch, a précisé dans un communiqué de presse : « Il est impossible d’évaluer les risques sanitaires ou environnementaux si des informations importantes sont cachées au public. Ce document confidentiel révèle un défaut fondamental de la technologie d’Oxitec qui devrait donc arrêter ses expériences ».

Oxitec a déjà expérimenté ces lâchers massifs de moustiques GM en pleine nature, dans les îles Caïmans, en Malaisie et au Brésil (dans le Nordeste, une des régions les plus pauvres) et de nouveaux essais sont prévus, notamment en Floride (mais l’autorisation a été reportée). Oxitec avait aussi proposé d’organiser des lâchers de moustiques GM au Panama, en Inde, à Singapour, en Thaïlande, au Viêt Nam, aux Philippines, au Costa Rica, et à Trinidad & Tobago.

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Lundi 9 juillet 2012, le ministère de la Santé brésilien a annoncé la production à grande échelle de moustiques transgéniques afin de lutter contre la dengue. Cette maladie, transmise par le moustique tigre, a déjà tué 500.000 brésiliens depuis le début de l’année.

Au Brésil, le ministère de la Santé vient de décider la production d’un très grand nombre de moustiques génétiquement modifiés. Ceux-ci vont avoir la mission d’éliminer tous les moustiques « Aedes aegypti », plus communément appelés « moustiques tigre », qui véhiculent la dengue. Cette maladie est un véritable fléau pour la population brésilienne. Elle se révèle sous la forme de fortes fièvres, de maux de tête et de douleurs articulaires. Des hémorragies peuvent également apparaître et causer la mort du malade de la dengue. Cette maladie tueuse a d’ailleurs déjà décimé environ un demi-million de brésiliens depuis janvier 2012.

D’après le ministère de la Santé brésilien, les moustiques tigres transgéniques qui vont être produits seront uniquement de sexe masculin. Ces mâles vont être lâchés dans la nature en quantité deux fois supérieure à celle des moustiques non génétiquement modifiés. Ils iront alors féconder les femelles mais « leur progéniture n’atteindra pas l’âge adulte, ce qui devrait réduire la population de l’Aedes aegypti », explique le ministère dans un communiqué.

L’État de Bahia, au nord-est du Brésil, a inauguré une usine samedi 8 juillet prévue pour produire près de 4 millions d’insectes par semaine. Cette usine a coûté 1,7 millions de reais (680.000 euros) et est financée par le gouvernement de l’État de Bahia avec l’aide du ministère de la Santé. Selon les autorités, les moustiques vont recevoir des injections de différents virus qui tueront les larves. La technique de production a déjà été testée dans deux communes de petites tailles proches de Bahia, comptant chacune environ 3.000 habitants. D’après le ministère de la Santé brésilien : « Avec l’emploi de cette technique, on a réduit de 90% la population de moustiques en six mois ». Le prochain test s’effectuera dans une ville de taille moyenne, afin d’évaluer l’impact réel de l’expérience basée sur des techniques déjà utilisées par des scientifiques anglais.

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